Une tradition vivante portée par le cœur

Philip Rigo et son épouse Elodie vous raconte l'aventure L'envers du décor, partie 3 / 3


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L'envers du décor - partie 3


Mot-clé : Cœur

Élodie : Nouveau mot, Philip : cœur.

Philip : Oui, le cœur. Ben oui, ça, c'est... J'ai été opéré à cœur ouvert quand j'étais petit. Et j'ai été réopéré en 2007. Et je vais être réopéré — on ne sait pas quand — mais à mon avis, pas dans 10 ans. Et donc, le yoga m'a aidé vraiment profondément à vivre avec ce problème de cœur. Par exemple, tout ce que je vous expliquais tout à l'heure — que j'étudiais le sanskrit, et tout ça, et je travaillais en même temps, j'avais des formations — je faisais ça avec un cœur qui ne fonctionnait plus. Mais je faisais ma pratique de yoga et puis après, j'étais fatigué. Et ça me permettait de récupérer. Donc en 1h10, 1h20, après je pouvais travailler toute la journée, marcher et tout ça. Mais c'était compliqué. Et donc TKV Desikachar m'a beaucoup aidé. Quand j'ai rencontré TKV Desikachar la première fois, pour un cours individuel, j'ai eu le sentiment qu'il a pris mon pouls comme on fait en Inde. J'ai l'impression qu'il est rentré à l'intérieur de moi, qu'il a visité mon cœur, qu'il est parti. Et qu'il est sorti. Et puis quand il m'a dit que tout irait bien, je l'ai cru. Et donc encore aujourd'hui, ce que TKV Desikachar m'a dit en 2005, 2006, 2007, 2008, par rapport à mon futur dans le yoga, par rapport à mon futur professionnel, par rapport à la personne que j'allais devenir, ça continue de m'inspirer. Parce qu'il avait vu quelque chose. Et comme il est rentré dans mon cœur, littéralement, je lui fais confiance. Je fais confiance à ce qu'il m'a dit.

Élodie : Moi, je me souviens de vous avoir vu ensemble quand je suis venue en Inde avec toi.

Philip : Ah oui ?

Élodie : Oui. J'ai une image. On était sur une terrasse. Tu vois ?

Philip : Oui.

Élodie : Tu joues au ping-pong. Mais j'ai du mal à me souvenir — tu jouais avec Kaustubha au ping-pong, c'est ça ?

Philip : Oui, on jouait au ping-pong à l'époque. 

Elodie : il a débarqué et je pense qu'il est venu nous proposer une confiserie ou du miel.

Philip : des bananes. Il donnait toujours quelque chose. Il ne pouvait pas vous voir sans venir te donner un truc à manger — une banane ou quoi — sans montrer de la sympathie.


Mot-clé : Études

Élodie : Nouveau mot : études.

Philip : Ah, on en a déjà parlé.

Élodie : Oui, ça on a déjà fait. En fait, moi Philip, j'ai fait le tour. Parce que, voilà, j'ai tout coché.

Philip : Ok. Qu'est-ce que toi tu souhaites dire, Élodie, par rapport à toi, ton chemin à toi, dans Mitra ? Parce que ça t'a aussi beaucoup transformée, Mitra, non ?

Élodie : Oui, ça m'a beaucoup transformée, mais avant, je voudrais plutôt rebondir sur un truc sur le thème dont on a parlé avant, qui était ton cœur. Parce que toi tu parles de ton cœur anatomique, ton cœur physique. Et moi je vois à quel point tout ce que tu fais, tu le fais avec ton cœur — mais ton cœur d'amour, quoi, en fait. Et c'est fantastique de participer à cette aventure de Mitra, parce que tu mets tout ton cœur, et tu mets de la passion dans la construction de ce projet, mais tu mets de l'amour dans tout ce que tu étudies. Tu continues tellement à aimer le yoga pour tout ce que ça apporte, et surtout pour ce qu'il peut amener aux gens à travers toi. Tu es comme un... je ne sais pas, comme un miroir, un guide à travers cette discipline-là. Toi, tu as déjà fait ton chemin, une partie du chemin. Donc tu peux emmener avec toi à certains endroits d'autres personnes pour les aider. Et tout ça, tu le fais avec beaucoup de cœur. Et c'est très, très sincère comme démarche.

Philip : Je fais ça parce que Kaustubha est derrière. Et que je peux me relier à lui, ou amener les élèves à lui, ou lui poser des questions. Donc ça, c'est vraiment incroyablement important de le dire. C'est pas à moi la référence dans la tradition, c'est Kaustubha. Ça, c'est une première chose, je pense que c'est vraiment important à dire. Et la deuxième chose, c'est que je vois bien — pour être dans le monde du yoga depuis longtemps — que le yoga aujourd'hui, c'est du yoga marketing. Les gens vont changer le yoga qu'ils donnent pour pouvoir avoir plus d'élèves. Ou alors ils enseignent une méthode. C'est juste une méthode. En fait, le yoga, c'est pas ça. Le yoga, ça vient d'une civilisation. C'est profond. C'est pas juste une méthode qu'on apprend. On ne peut pas séparer la théorie de la pratique. On ne peut pas séparer la philosophie, des postures, du pranayama, des mantras, des chants, etc. Et donc, on n'aura jamais fini d'étudier le yoga dans une tradition telle que le Viniyoga. Jamais. Et donc, le gros challenge pour moi, ce n'est pas d'enseigner le yoga. Le gros challenge pour moi, c'est de continuer à l'apprendre. C'est ça qui m'intéresse. Et donc, continuer à pouvoir voyager, aller en Thaïlande, étudier avec Kaustubha, prendre des cours comme on a fait ce matin, de continuer à pouvoir chanter avec Ménaka, etc. C'est ça le gros challenge, c'est ça la difficulté. 

Donc on n'est pas du tout dans un truc où on fait du yoga parce qu'on a autant d'argent à investir, et on sait que ça va nous rapporter plus que ce qu'on met dans un compte épargne. Nous, on est partis de rien. Moi, j'ai écrit les statuts de Mitra ( je ne sais même pas si c'était des statuts) j'ai acheté un livre et j'ai écrit les statuts. 

Élodie : Oui.

Philip : Et on est parti de rien. Et par exemple, Mitra, quand elle est née, elle était endettée.

Élodie : Oui.

Philip : Elle était endettée quand elle est née. Tu vois ? Donc, ce n'est pas du tout un truc d'investissement. Rien du tout. C'est vraiment une passion, une forme d'artisanat. Pour moi, c'est vraiment un devoir. Je le fais pour Kaustubha. Et c'est vrai, je fais vraiment pour ça. Et pour T.K.V. Desikachar et aussi pour le divin. Et aussi pour moi. Parce que c'est un honneur de pouvoir le faire. Je pense que beaucoup de monde pourrait le faire. Mais il faut vraiment s'engager. 

Souvent les élèves arrêtent trop vite. Ils ont une phase de doute, une difficulté dans la vie. Et ils arrêtent. Le yoga, c'est incroyablement profond, mais c'est quand même nous qui devons ramer. Vous voyez, c'est auto-responsabilisant. C'est nous qui devons apprendre, qui devons tirer les leçons et tout ça. Et c'est tellement beau que parfois les gens ont l'impression que c'est uniquement magique. C'est magique, mais ça ne va pas faire les choses à votre place. Et ça, ça prend un peu de temps. Il faut être résilient, il faut continuer.

Votre avis?

Philip : Je ne sais pas si ça a intéressé les personnes, les auditeurs.

Faites-nous vos retours, ça nous intéresserait d'avoir votre avis sur cet échange. N'hésitez pas à nous contacter. Et notre site web — je vous rappelle l'adresse — www.mitra-yoga.be. Merci de votre écoute.

Merci Élodie, et merci d'avoir participé à l'envers du décor. Namasté.

Élodie : Namasté.

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